Situé aux marches de la Bretagne, le département d'Ille-et-Vilaine possède un patrimoine monumental et artistique riche et varié, témoin de son histoire et composante forte de son identité.
Le Département d'Ille-et-Vilaine et l'Etat (Ministère de la Culture, Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bretagne, Service régional de l'Inventaire Général des Monuments et des Richesses Artistiques de la France) attachent un intérêt majeur à la connaissance et au respect de ce patrimoine ainsi qu'à sa prise en compte dans la gestion et dans l'aménagement du territoire. Ils considèrent donc comme indispensable d'établir dans un délai court l'identification et la localisation du patrimoine architectural et mobilier du département.
Depuis 1964, l'Etat a développé, au sein de l'Inventaire Général des Monuments et Richesses Artistiques de la France, des méthodes de recensement et d'étude d'une haute rigueur, reconnues par l'ensemble de la communauté scientifique tant nationale qu'internationale. En 1997, 10 cantons d'Ille-et-Vilaine étaient déjà inventoriés selon la méthode dite de l'inventaire topographique, comprenant deux phases intimement liées : le recensement général et l'étude approfondie d'œuvres sélectionnées, qui nécessitent des délais incompressibles. Cependant, la demande d'identification et de localisation du patrimoine peut être satisfaite rapidement sur l'ensemble du territoire départemental à l'issue de la phase de recensement : une adaptation méthodologique permet de repousser la phase d'étude après l'achèvement complet de celle de recensement sur l'ensemble des 35 cantons ruraux restant à inventorier. Cette méthode mise au point par l'Etat est dite "inventaire préliminaire à l'étude du patrimoine".
L'Etat, considérant que la connaissance du patrimoine est une nécessité culturelle et scientifique, et le Département d'Ille-et-Vilaine, conscient de l'importance de cette connaissance pour sa politique de développement culturel et d'aménagement du territoire, ont mis en place un partenariat, avec la collaboration de l'Association Pour l'Inventaire de Bretagne, pour réaliser cet inventaire préliminaire, dans l'intérêt des collectivités qui le composent et des habitants.
Ce cédérom est le résultat de l'inventaire préliminaire à l'étude du patrimoine. Il fait partie d'une série destinée à recenser les œuvres architecturales et mobilières (mobilier public hors musée) appartenant ou susceptibles d'appartenir au patrimoine du département d'Ille-et-Vilaine, et dont les plus significatives pourront faire l'objet d'une étude ultérieure plus approfondie.
En créant en 1964 l'Inventaire Général des Monuments et des Richesses Artistiques de la France, André Malraux lui assigna pour tâche de "recenser, d'étudier et de faire connaître chaque uvre qui, du fait de son caractère artistique, historique, archéologique ou ethnologique, constitue un élément du patrimoine".
L'originalité de la démarche de l'Inventaire général tient à son exhaustivité. Le territoire national tout entier est examiné par des chercheurs usant d'une même méthode pour analyser chacun des éléments du patrimoine, commune par commune, écart par écart, maison par maison, objet par objet. La masse des informations même sommaires mais toujours vérifiées ainsi réunies sur l'ensemble des uvres recensées acquiert un intérêt que ne peut remplacer la connaissance, même très approfondie, d'un petit nombre d'uvres.
Le recensement des ouvrages bâtis couvre la période allant des années 400 à 1940, celui des objets mobiliers s'étend jusqu'en 1960. Si les uvres trop modifiées du 19e et du 20e siècle ne sont pas prises en compte, celles qui sont les plus anciennes, même à l'état de vestiges, peuvent être renseignées quand elles présentent des éléments notables (décor ou inscription par exemple). La collecte ainsi réalisée donne lieu à deux types de traitement :
- les uvres remarquables par leur ancienneté, leur qualité architecturale ou leur rareté, dites "unicum", sont pré-sélectionnées pour étude ;
- les uvres représentatives en grand nombre, dites "typicum", sont analysées dans le cadre de leur famille d'appartenance pour dégager des typologies qui permettent de décrire et de comprendre des phénomènes à une plus grande échelle, ici le département. Pour l'architecture "ordinaire", qui participe à sa manière du patrimoine régional, seuls quelques exemples
feront l'objet d'une étude plus approfondie, en tant qu'uvres de référence.
Le recensement présenté ici, appelé inventaire préliminaire, est la phase préalable à l'étude qui porte sur l'ensemble du département. Les conditions de l'enquête dont l'objectif est la rapidité d'intervention, face à la transformation accélérée du monde rural ne permettent pas une visite systématique des intérieurs de tous les édifices recensés, mais permettent cependant un état des lieux et une première évaluation autorisant à mettre en évidence, à l'échelle de chaque commune, les uvres singulières ou représentatives qui portent la mention "étude souhaitable".
L'ensemble des notices communales est consultable selon deux modes de lecture : l'accès topographique (notices illustrées) et l'accès cartographique (cartographie et notices illustrées).